
Comprendre que nous ne sommes pas seuls
27 septembre 2026
Savoir qui nous-sommes dans la relation que nous avons avec les autres
4 octobre 2026La culpabilité est une émotion que je rencontre régulièrement en séance.
Elle peut être discrète, presque invisible… ou au contraire prendre énormément de place dans la vie d’une personne.
« Je culpabilise de penser à moi. »
« Je culpabilise d’avoir dit non. »
« Je culpabilise d’avoir quitté cette personne. »
« Je culpabilise de ne pas avoir été suffisamment présent. »
« Je culpabilise alors que, rationnellement, je sais que je n’ai rien fait de mal. »
Et c’est justement ce qui rend la culpabilité intéressante : nous pouvons savoir que nous n’avons pas à culpabiliser… tout en la ressentant profondément.
Qu’est-ce que la culpabilité ?
La culpabilité apparaît souvent lorsque nous avons l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, d’avoir blessé quelqu’un ou de ne pas avoir respecté ce que nous considérons comme juste.
Elle peut être liée à une action.
Mais elle peut aussi être liée à une simple pensée, une décision ou un choix.
Et parfois même… à quelque chose que nous n’avons pas fait.
C’est là que les choses deviennent plus complexes.
Parce que nous pouvons nous sentir responsables de situations qui ne dépendent finalement pas entièrement de nous.
Nous pouvons porter les émotions des autres.
Nous pouvons nous sentir responsables de leur bonheur.
Nous pouvons avoir l’impression que nous aurions dû faire davantage.
Et petit à petit, la culpabilité peut devenir une véritable charge émotionnelle.
« Et si j’avais fait autrement ? »
C’est probablement l’une des questions que la culpabilité aime le plus.
Et si… ?
Et si j’avais parlé ?
Et si je n’étais pas parti ?
Et si j’avais insisté ?
Et si j’avais été plus présent ?
Et si j’avais fait un autre choix ?
Le problème, c’est que nous jugeons souvent nos décisions passées avec les connaissances que nous avons aujourd’hui.
Mais au moment où nous avons fait ce choix, nous ne savions pas ce que nous savons maintenant.
Nous avons fait avec notre histoire, nos émotions, nos connaissances, nos peurs et notre niveau de compréhension de la situation.
Alors parfois, plutôt que de nous demander :
« Pourquoi ai-je fait ça ? »
Il peut être intéressant de nous demander :
« Qu’est-ce que j’essayais de faire à ce moment-là ? »
La réponse peut complètement changer notre regard sur nous-mêmes.
La culpabilité peut nous empêcher d’avancer
Lorsque nous restons bloqués dans la culpabilité, nous pouvons avoir tendance à revenir constamment dans le passé.
Nous rejouons les scènes.
Nous imaginons d’autres possibilités.
Nous cherchons ce que nous aurions pu faire différemment.
Et pendant que notre esprit reste dans ce qui était…
nous ne sommes plus vraiment dans ce qui est.
La culpabilité peut alors devenir une forme de punition que nous nous infligeons à nous-mêmes.
Comme si souffrir suffisamment allait permettre de réparer ce qui s’est passé.
Mais souffrir ne change pas le passé.
Ce qui peut changer quelque chose, en revanche, c’est ce que nous décidons d’en faire aujourd’hui.
Est-ce que toute culpabilité est mauvaise ?
Pas forcément.
La culpabilité peut aussi avoir une fonction.
Elle peut nous permettre de prendre conscience que nous avons dépassé une limite, blessé quelqu’un ou agi contrairement à nos valeurs.
Dans ce cas, elle peut nous pousser à reconnaître notre responsabilité, à présenter nos excuses et éventuellement à modifier notre comportement.
La question n’est donc pas forcément :
« Comment supprimer ma culpabilité ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que cette culpabilité essaie de me montrer ? »
Est-ce qu’elle me montre réellement quelque chose que je dois réparer ?
Ou est-ce que je porte une responsabilité qui ne m’appartient pas ?
Parfois, nous culpabilisons simplement parce que nous nous choisissons
C’est quelque chose que je rencontre également.
Certaines personnes culpabilisent lorsqu’elles commencent à penser à elles.
Dire non devient culpabilisant.
Prendre du temps pour soi devient culpabilisant.
Quitter une relation qui ne leur convient plus devient culpabilisant.
Mettre une limite devient culpabilisant.
Mais se respecter n’est pas faire du mal aux autres.
Tu peux décider de ne plus accepter certaines choses.
Tu peux choisir de partir.
Tu peux avoir besoin de distance.
Tu peux changer.
Et cela ne signifie pas forcément que tu es une mauvaise personne.
Parfois, la culpabilité apparaît simplement parce que tu fais quelque chose que tu n’avais pas l’habitude de faire : te choisir.
Et si tu essayais de te pardonner ?
Le pardon envers soi-même est parfois beaucoup plus difficile que le pardon envers les autres.
Nous pouvons comprendre les erreurs des autres.
Leurs maladresses.
Leurs peurs.
Leurs blessures.
Mais lorsqu’il s’agit de nous, nous sommes parfois beaucoup plus durs.
Nous exigeons de nous-mêmes d’avoir toujours fait les bons choix.
D’avoir toujours dit les bons mots.
D’avoir toujours été à la hauteur.
Mais nous sommes humains.
Nous apprenons.
Nous évoluons.
Et certaines erreurs font aussi partie de notre chemin.
Se pardonner ne signifie pas nier ce qui s’est passé.
Cela signifie pouvoir regarder son histoire avec davantage de compréhension.
« J’aurais peut-être pu faire autrement. Mais à ce moment-là, j’ai fait du mieux que je pouvais avec ce que j’avais. »
Cette phrase peut parfois être difficile à accepter.
Mais elle peut aussi être profondément libératrice.
La culpabilité peut devenir un enseignement
Nous ne pouvons pas toujours modifier ce que nous avons vécu.
Mais nous pouvons décider de ce que nous allons en apprendre.
Une erreur peut nous apprendre à poser nos limites.
Une rupture peut nous apprendre à mieux nous écouter.
Une mauvaise décision peut nous apprendre à faire davantage confiance à nos ressentis.
Une situation douloureuse peut nous permettre de comprendre certaines choses sur nous-mêmes.
Et peut-être qu’au lieu de porter éternellement notre culpabilité…
Nous pouvons progressivement transformer cette émotion en compréhension.
Puis en apprentissage.
Et finalement en évolution.



